Joan Burkovic (Bankin’ / Bridge) : « Rien de mieux qu’un contact humain pour rassurer l’utilisateur »

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Joan Burkovic - Bankin'

Joan Burkovic
CEO
Bankin’ / Bridge

Précurseur en France de la gestion de finances personnelles, Bankin’ diversifie ses activités. Offre B2B, conseil humain et algorithmes… Entretien avec son CEO, Joan Burkovic.

IN Banque : Pouvez-vous présenter Bankin’ ? Les chiffres clés à connaître ?
Joan Burkovic : Bankin’ est une application qui rend la gestion d’argent simple, accessible et agréable. Vous pouvez optimiser le suivi de vos budgets grâce à différentes fonctionnalités : des algorithmes intelligents, des alertes, des graphiques sur vos dépenses, la catégorisation, l’épargne… Nous proposons aussi un service de coaching humain pour vous aiguiller selon vos besoins. Pour cela, nous nous fondons directement sur les comptes bancaires que vous connectez à l’application. Nous sommes donc un tiers de confiance indépendant pour la gestion d’argent, doublé d’un distributeur de produits.

Nous avons près de 4 millions d’utilisateurs dans quatre pays, principalement en France, mais également en Espagne, en Allemagne et en Angleterre. Nous sommes 80 collaborateurs et avons levé 28 millions d’euros. Le modèle économique repose sur deux briques : l’abonnement premium, pour bénéficier de fonctionnalités plus poussées comme la connexion des comptes professionnels, et la distribution de produits. Quand l’utilisateur renégocie son assurance emprunteur, son crédit immobilier ou que nous l’aidons à souscrire à un produit pour améliorer sa situation, nous sommes rémunérés en tant qu’apporteur d’affaires.

Pour notre activité B2B, Bridge (powered by Bankin’), nous mettons à disposition notre savoir-faire en termes de connexion bancaire et d’enrichissement de données financière dans un domaine réglementaire complexe. Là, nous sommes sur un business fondé sur les différents projets de nos clients et les volumes de data gérés pour nos clients.

Justement, pouvez-vous nous en dire plus sur votre volonté de diversification avec Bridge, l’offre destinée aux professionnels ?
Nous leurs mettons à disposition notre savoir-faire en matière de technologie, et de relation bancaire dans son ensemble. Auparavant, il était compliqué de connecter différents comptes auprès de différentes banques, et d’en tirer des informations fiables, enrichies, et tout cela en peu de temps. Aujourd’hui, nos plus gros clients sont les comptables, avec des géants du secteur comme Cegid, KPMG ou encore Sage. Il y a aussi les acteurs du crédit, pour qui nous améliorons le temps de réponse entre la demande de crédit et son octroi, ainsi que sa rentabilité en diminuant les défauts de paiement. Nous avons également des banques, des start-up, des conseillers financiers : Milleis Banque, Oddo Banque Privée, Georges.tech… J’en parlerai davantage lors de mon intervention à la conférence IN Banque le 6 février prochain.

En parallèle, vous revenez aussi à des interactions humaines – pourquoi ?
L’argent est un sujet sensible, compliqué, anxiogène. Un client ne va pas renégocier son crédit immobilier ou placer 20 000 € sur un compte épargne sur une impulsion ! Il a besoin de comprendre, d’interagir, qu’on le rassure. Et pour cela, rien de mieux qu’un contact humain.

Le rôle de nos équipes est d’accompagner les utilisateurs dans leurs démarches, souvent longues et complexes. Nous allions algorithmes et intelligence artificielle pour pouvoir communiquer des recommandations personnalisées, et qui répondent souvent à des questions simples. En revanche, dès que l’utilisateur est réellement intéressé et souhaite approfondir le sujet, seul un humain peut répondre à l’ensemble de ses interrogations. Ces coachs sont indépendants de tout établissement financier et ils peuvent ainsi accompagner l’utilisateur sans conflit d’intérêts.

Joan Burkovic sera présent le 6 février lors d’IN BANQUE 2020 sur le thème Fintechs et assurtechs : diversification, pivot stratégique et monétisation