Eric Charpentier (Payname) : « Au début, nous allions chercher les utilisateurs à la main un par un »

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Eric Charpentier sera présent le 4 février 2016 lors d’IN Banque. Il évoque ici les principaux sujets qu’il développera autour de la thématique du lancement de nouveaux produits et modèles numériques dans le domaine bancaire.


Eric Charpentier - Payname

Eric Charpentier
PDG
Payname

Lancée il y a 2 ans, Payname se positionne comme une banque en ligne collaborative avec des services de « cobanking » où des particuliers peuvent, sans frais bancaire, s’échanger de l’argent, financer leurs projets et sécuriser leurs paiements. Avec une progression de 4 000 utilisateurs tous les mois, pour un total de 30 000 aujourd’hui, la start-up d’Eric Charpentier ne compte pas s’arrêter là. Retour sur un modèle observé de près par les acteurs traditionnels.

IN Banque : Quels sont les services les plus utilisés sur Payname ?
Eric Charpentier : C’est d’abord le service de cagnotte, de collecte d’argent. Ensuite le paiement entre particuliers sur des sites comme Leboncoin. Quant au paiement en ligne sur des sites e-commerce, il a commencé cet été et nous intégrons déjà 15 sites marchands.

Comment fait-on pour démarrer un plate-forme comme la vôtre, pour convaincre les premiers utilisateurs et créer de la confiance ?
Notre tout premier recrutement a été un spécialiste de l’expérience utilisateur, ce n’est pas un hasard. Au début, les 6 premiers mois, nous passions beaucoup de coups de fils, avec beaucoup d’échecs, mais nous allions chercher les utilisateurs à la main un par un. Nous ne lâchions également jamais un utilisateur qui venait sur notre site, en le rappelant s’il ne terminait pas un paiement par exemple. Et puis à un moment, une masse critique est atteinte et le modèle décolle. Mais nous continuons à rester proches de nos utilisateurs, j’y reviendrais lors d’IN Banque.

Et quelles actions marketing avez vous mises en place ?
Des campagne adwords et des campagnes sur les réseaux sociaux d’abord, là encore en commençant avec un tout petit budget. Nous avons aussi une stratégie de contenu puisque nous éditons la Revue du Cobanking. Et nous avons des partenaires comme La Dépêche du midi sous forme de Media for equity (NDLR : crédit d’espaces publicitaires contre une prise de participation minoritaire). Nous organisons également les Cafés du Cobanking, un rendez-vous dédié à la consommation collaborative.

Quel est le poids des contraintes réglementaires ?
Nous avons demandé l’agrément nous permettant d’être établissement de paiement en octobre 2014 et l’avons obtenu en juillet 2015. Nous n’avons pas de banquier dans notre équipe et tout fait tout seuls, ce qui n’était pas une mince affaire car nous étions seulement cinq personnes et il fallait gagner la confiance de l’ACPR (NDLR : Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, qui surveille l’activité des banques et des assurances en France). Notre volonté est de ne pas se reposer sur les banques sauf « en mode fournisseur ».

Comment justement vous voient les banques ? Comme une menace où un service complémentaire ? Certaines vous ont-elles approché ?
Plutôt comme une menace ce qui est paradoxal vu la taille du projet : c’est complètement disproportionné. Et oui il y a eu des approches. Fondamentalement toutefois, ce n’est pas uniquement un acteur comme nous qui va faire bouger les lignes mais plusieurs acteurs qui émergent ou vont émerger peu à peu. Les banques ont un questionnement qui va d’ailleurs au delà des modèles, mais qui est aussi de l’ordre de l’approche managériale. Là encore, j’aborderai se sujet lors d’IN Banque.

Vous avez récemment levé 5 millions d’euros. Comment allez-vous les dépenser ?
Nous allons intensifier nos efforts marketing. Et nous renforçons notre équipe dans les domaines de la sécurité, du développement technique, du contrôle interne. Ce sont des obligations liées à l’agrément mais notre sujet principal reste d’imaginer des produits pour voir ensuite comment les intégrer au cadre réglementaire, et non l’inverse. Bientôt nos utilisateurs disposeront d’une carte de paiement, pourront déposer leurs revenus sur Payname et faire prélever les factures d’électricité, de téléphone, sur un compte de paiement.