Carole Delorme d’Armaillé (OCBF) : « Le KYC, de plus en plus automatisé, répond de mieux en mieux au besoin d’un parcours client fluide »

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Carole Delorme d’Armaillé
Directrice Générale
OCBF

Carole Delorme d’Armaillé est Directrice Générale de l’OCBF, Office de Coordination Bancaire et Financière. Elle réagit aux résultats de l’étude réalisée par Next Content pour le compte de ITESOFT, « Parcours & expérience client B2C dans la banque », une étude disponible au téléchargement.

Next Content : Seuls 7% des Français connectés ont une banque en ligne comme banque principale : est-ce dû à votre avis à l’offre des banques en ligne, à des paramètres culturels, ou même peut-être à la réglementation ?
Carole Delorme d’Armaillé
: Parmi nos adhérents figurent de nombreuses banques en ligne, et la maturité de leur offre est réelle. Toutefois le positionnement des banques en ligne peut expliquer les résultats de l’étude : elles ont tendance à cibler des profils à plus faibles revenus, ou encore des personnes très agiles avec le numérique d’une part, et avec le monde bancaire d’autre part, et à les séduire par la possibilité d’effectuer plus rapidement des opérations simples et en temps réel. La quasi-gratuité des services et les fameuses récompenses à l’ouverture du compte qui peuvent atteindre parfois plus de cent euros ne sont pas encore des conditions nécessaires et suffisantes pour leur permettre de devenir les banques principales des Français.

De surcroît, les banques traditionnelles ont rattrapé leur retard en matière digitale, elles représentent toujours un levier de réassurance et de capital confiance pour les personnes à revenus importants. Cela étant, je pense que le pourcentage d’utilisation des banques en lignes, en tant que banque secondaire comme en tant que banque principale, va encore croître sous la pression générationnelle des Millenials.

Les obligations liées au KYC privilégient-elles les banques traditionnelles ?
Je ne le crois pas. Tout le monde bancaire est soumis au même régime en France, en tout cas.

Le KYC oblige toutes les banques en effet à collecter des informations d’identification et de vérification sur leur clientèle, notamment lors de l’entrée en relation, et par des points de contrôle réguliers. Ce processus imposé par les régulateurs qui vise à lutter contre le blanchiment et le financement du terrorisme a beaucoup évolué, et dans le bon sens. Au demeurant, les banques traditionnelles comme les banques en ligne en ont tiré parti pour améliorer leur relation commerciale, et les processus de KYC, de plus en plus automatisés, répondent de mieux en mieux à la volonté d’une meilleure fluidité exprimée lors du parcours client qu’il soit en ligne ou en agence.

En revanche, à mon avis il y aura un risque de segmentation banques traditionnelles / banques en ligne peut-être plus marqué avec la mise en place de l’authentification forte dans le cadre de la DSP2. Concrètement, le fait de modifier le mot de passe en ligne tous les 3 mois risque d’avoir a priori plus de conséquences pour les banques secondaires que pour les banques principales, car les clients accepteront mieux de le faire pour ces dernières.

L’ouverture d’un compte semble paradoxalement plus rapide dans une banque de réseau (dans 64% des cas, il est ouvert dans la journée) que dans une banque en ligne (seulement 35% des cas d’ouverture dans la journée). Comment l’expliquez-vous ?
Je l’explique par les processus internes d’analyse, d’enrôlement client, qui sont plus facilement à la portée de banques traditionnelles, par leur plus grande surface financière, que des banques en ligne. Ce sont les technologies d’automatisation, de Robotic Process Automation et d’intelligence artificielle qui rendent possibles le raccourcissement des délais.

Par ailleurs, il y a sans doute aussi une question humaine, de taille des équipes, et peut-être aussi une problématique de sécurité psychologique liée à la cyber-sécurité : le périmètre digital élargit le risque de fraude et les banques doivent se doter des outils d’audits adéquats pour relever le seuil de confiance.

Les Français connectés reconnaissent à l’automatisation l’avantage de permettre des réponses beaucoup plus rapides, mais en même temps ils craignent de se retrouver démunis en cas d’erreur de traitement. Comment le secteur bancaire peut atténuer leurs craintes sur ce sujet ?
Il peut y avoir une réticence liée à la génération, mais aussi au fait que pour certaines décisions importantes, on souhaite passer par un conseiller. Et c’est vrai que le support est très important, l’étude le montre d’ailleurs. Mais il faut aussi rappeler que l’informatisation, dans le secteur bancaire français, est de grande qualité depuis de très nombreuses années, aussi l’automatisation est déjà quelque chose qui existe depuis longtemps. Le conseiller est même aujourd’hui souvent un conseiller augmenté assisté par des robot advisors et autres technologies de pointe.

Le besoin client s’oriente vers plus de sécurité, plus de confidentialité, et dans cet esprit, les acquis liés à la mise en œuvre du RGPD sont à souligner – mais aussi de plus de rapidité, l’automatisation des processus est vraiment la garantie d’un gain de temps formidable.

Que faut-il mettre en place pour que l’expérience client, telle que demandée par les Français dans ce qui ressort de l’étude, s’améliore dans un contexte bancaire à la fois de plus en plus éclaté, mais aussi de plus en plus convergent avec les logiques de plate-formisation ?
J’ai lu dans l’étude que 40% des Français connectés s’irritaient d’avoir déjà délivrés des justificatifs à leur banque lors d’une précédente opération, alors qu’on leur demande une nouvelle fois. Et fondamentalement, les nouvelles directives sont de plus en plus contraignantes du point de vue des questionnaires que l’on soumet au client par exemple. La banque doit aller sur des terrains intrusifs, et ce de manière récurrente. Et cela prend du temps.

Mais là encore, l’automatisation des processus peut rendre de grands services, avec des logiques d’auto-préparation du rendez-vous par exemple, ou bien encore en cas de processus dématérialisés. Et surtout, de gros efforts de communication sont nécessaires de la part des banques qui, dans le contexte d’un secteur extrêmement régulé, manquent parfois de pédagogie.

Les banques doivent insister sur l’importance des contrôles et insuffler dans l’esprit des gens qu’un bon moteur est essentiel au bon fonctionnement de l’outil bancaire. Si j’osais une analogie, c’est un peu comme lorsqu’on achète une voiture : on est très attentif aux options et on se préoccupe peu du moteur de manière spontanée, or, le moteur, c’est évidemment essentiel !


L’étude Next Content pour ITESOFT « Parcours & expérience client B2C dans la banque » décrypte les principaux parcours d’un client bancaire, mesure la place des différents canaux (l’agence, le numérique, le téléphone…) à chacune des étapes et identifie les leviers d’amélioration de l’expérience client.

Elle s’appuie sur les résultats d’une enquête en ligne réalisée auprès de 1 005 Français, représentatifs de la population connectée à Internet (suivant les critères d’âge, de sexe et de CSP), via un ordinateur, un smartphone et/ou une tablette.

Sommaire de l’étude

[Guide] Réinventer l’assurance à l’ère du digital

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Le secteur des assurances est à un moment crucial. Une nouvelle génération d’assureurs a vu le jour ces dernières années, révolutionnant les modèles traditionnels. Leur approche est différente, centrée sur l’expérience client. Plus agiles, ils réinventent le secteur en proposant de nouveaux services et une expérience digitale optimisée.

Ce guide analyse comment ces acteurs s’appuient sur les nouvelles technologies pour tirer parti de leur information et améliorer leur expérience client. Il explique ensuite comment les assureurs peuvent adopter une nouvelle approche de la gestion de l’information, se moderniser et concurrencer ainsi ces nouveaux entrants

Ce guide « 8 clés pour réinventer l’assurance à l’ère du digital » a été réalisé par Nuxeo. Il s’adresse aux marques du secteur de l’assurance souhaitant atteindre le même niveau de croissance que leurs concurrents 100% numériques.

TéLéCHARGER LE GUIDE

[En vidéo] Services financiers : ouverture, croissance et valorisation

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Copyright 2019 IN BANQUE / Next Content

Quelles innovations et nouveaux services pour améliorer l’expérience client numérique, diversifier son offre ? Comment l’open innovation, l’open banking ou open insurance viennent-ils nourrir ces stratégies ? Comment en faire des leviers efficaces pour la croissance, la fidélisation ? Quels enjeux en termes de partage de valeur ? Quelles orientations et avancées majeures en matière d’IA, d’Internet conversationnel, de reconnaissance et d’assistance vocale ou encore de blockchain ? Quelle vision sur les enjeux de ces technologies ? Et à quel horizon ?

Avec :

  • Béatrice Collot – Directeur Trade Finance et Affacturage, HSBC
  • Sébastien Marinot – Innovation & New business models Manager, BNP Paribas
  • Laurent Charon – Directeur Open Innovation, AG2R LA MONDIALE MATMUT
  • Cyril Chiche – CEO, Lydia

Grand débat animé par Stéphane Houin, Directeur des Offres Digitales pour les Services Financiers, CGI, dans le cadre de la 5e conférence IN BANQUE le 7 février 2019

Sébastien Marinot (BNP Paribas) : « L’Open Banking pour enrichir notre proposition de valeur »

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Sébastien Marinot - BNP Paribas

Sébastien Marinot
Innovation & New Business Models Manager
BNP Paribas

IN Banque : Comment s’organise l’innovation au sein du groupe BNP Paribas ?
Sébastien Marinot 
: Dans un environnement en rapide évolution, BNP Paribas observe 4 tendances : de nouveaux comportements de la part des consommateurs, l’adoption de technologies disruptives, l’arrivée de nouveaux concurrents dans les services financiers et la « plateformisation » de l’économie.

Pour répondre à ces tendances, BNP Paribas a initié une stratégie d’open innovation qui implique collaborateurs, clients et l’ensemble des acteurs de l’écosystème : start-ups, grands groupes, acteurs du digital… Cette stratégie vise à enrichir notre proposition de valeur avec de nouveaux services et business models et à diminuer notre time to market.

Lire la suite de l’article sur l’Usine Digitale

Sébastien Marinot sera présent le 7 février lors d’IN BANQUE 2019 pour partager sa vision de la banque de demain.

[En vidéo] Entretien avec Catherine Vidal (Banque Casino)

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Copyright 2019 IN BANQUE / Next Content

Entretien avec la Directrice Générale de Banque Casino autour de l’onboarding client, des « points d’impact » du numérique sur les différents métiers de la banque, et sur l’offre en mobilité.

Réalisé dans le cadre de la 5e conférence IN BANQUE le 7 février 2019

[Formation] Design Thinking au service de l’expérience client

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DESIGN_THINK_N1 (002)Next Content, organisateur d’IN BANQUE, lance une nouvelle formation en présentiel sur 2 jours qui permet d’appréhender la pensée design et ses enjeux et d’expérimenter concrètement cette méthode en lien avec ses problématiques.

Les objectifs de la formation :

  • Acquérir les fondamentaux et les principes clés du design thinking
  • Appréhender la posture et les enjeux du design thinking pour les réinjecter efficacement et durablement au sein de vos projets et de vos équipes
  • S’approprier les méthodologies itératives et les outils de mise en pratique concrète du design de service et du design numérique
  • Optimiser ses processus d’innovation
  • Co-construire de meilleurs produits et services numériques plus rapidement

Deux sessions sont d’ores et déjà programmées, une les 16 et 17 décembre 2019 et l’autre les 8 et 9 juin 2020.

En savoir plus, s’INSCRIRE

NOS AUTRES FORMATIONS

 

[Evénement] Innovation & Data / Moyens de paiement : Le 5 novembre

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Next Content est partenaire du Workshop annuel de la Revue Banque qui se tiendra le 5 novembre 2019 à Paris autour des thèmes suivants :

Matinée : Innovation & Data
Jusqu’à présent, les banques ont restreint l’exploitation de leurs données, face à des concurrents qui en ont fait leur fonds de commerce (GAFA, FinTech, etc.). Les données sont la matière première de la révolution des usages. Les technologies du big data et de l’IA sont désormais matures pour inventer des services innovants. Les banquiers et assureurs ont de plus en plus la capacité d’exploiter ces données. Pourtant, la data leur apparaît avant tout comme une contrainte, sous le poids des réglementations : RGPD, DSP 2… Jusqu’où pourront-ils aller, pour collecter, ordonner et exploiter la Data et en faire un véritable outil de croissance ?

Après-midi : Moyens de paiement : vers une alliance européenne ?
Les évolutions règlementaires, les innovations technologiques et les usages des clients bouleversent le paysage des paiements. Une stratégie européenne des paiements saura-t-elle y faire face, nous préparer aux grands enjeux qui se dessinent et permettre l’émergence de nouveaux modèles économiques fondés sur l’utilisation et la maîtrise de la donnée ?

En savoir plus

[Étude] Les décideurs banque et assurance anticipent les nouvelles concurrences et misent sur l’autonomie client

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L’autonomie client, comme transformation liée à l’innovation numérique et au développement de nouveaux services en ligne, apparaît décisive, majeure, pour plus de 8 décideurs sur 10 des secteurs banque et assurance, avec ses conséquences en termes de développement commercial et de relation client.

C’est ce que révèle la seconde édition de l’étude Enjeux et projets numériques dans la banque et l’assurance réalisée par Next content pour Quadient

Cette opinion fait l’unanimité parmi les décideurs interrogés issus du secteur de l’assurance et des mutuelles. Si l’on ne prend que les décideurs issus de la banque de détail (hors sociétés de crédit), le taux se situe autour de 80%. Pour 20% c’est important mais pas décisif.

Ensuite, les nouveaux services proposés en lien avec l’exploitation de la data clients et de l’intelligence artificielle sont également cités par une majorité des décideurs comme des innovations majeures susceptibles de transformer en profondeur leur activité..

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Next content a réalisé pour le compte de Quadient une étude sur les Enjeux et projets numériques dans la banque et l’assurance, qui repose sur les résultats d’une enquête en ligne menée entre décembre 2018 et février 2019 auprès des décideurs du numérique dans les secteurs banque et assurance. Télécharger l’étude


Les 2/3 des décideurs du numérique dans la banque et l’assurance estiment qu’à l’horizon 2022 la concurrence des nouveaux acteurs (néo-banques, néo-assureurs) sera forte. Une majorité des décideurs pensent également que les géants du numérique seront une concurrence significative sur leur marché. C’est vrai pour les professionnels dans la banque comme pour ceux des assurances ou des mutuelles.

L’an passé pour les décideurs dans la banque, à la même question mais à l’horizon 2020, les taux étaient sensiblement plus bas (47% seulement). La menace semble donc se préciser à leurs yeux. Elle reflète aussi les prises de position tangibles et les développements de ces grands acteurs du numérique sur le marché (en particulier dans le paiement).

Dans l’assurance, les mutuelles, l’appréhension d’une concurrence émanant de nouveaux acteurs innovants (assurtechs) est beaucoup plus importante que dans la banque où les fintechs sont davantage perçues comme des acteurs complémentaires, dans une perspective de collaboration (open-banking). Plus de 8 décideurs de l’assurance sur 10 considèrent la concurrence des assurtechs comme forte contre moins d’un quart dans la banque s’agissant des fintechs.

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Next content a réalisé pour le compte de Quadient une étude sur les Enjeux et projets numériques dans la banque et l’assurance, qui repose sur les résultats d’une enquête en ligne menée entre décembre 2018 et février 2019 auprès des décideurs du numérique dans les secteurs banque et assurance. Télécharger l’étude