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Entretiens

Noémie Ellezam (Oddo BHF) : « Notre stratégie IA/data se positionne au service d’une transformation profonde de l’expérience client et de nos modèles d’affaires »


Noémie Ellezam

Membre du General Management Committee du Groupe ODDO BHF, Noémie Ellezam pilote à la fois les stratégies IA/data et marketing du groupe. Son ambition : renforcer l’expérience client et accompagner la transformation des métiers de l’entreprise.

IN BANQUE : Comment décririez-vous ODDO BHF aujourd’hui : son positionnement, ses métiers et ses principaux chiffres ?
Noémie Ellezam : ODDO BHF est un groupe bancaire familial indépendant fondé il y a 175 ans. C’est aujourd’hui un acteur à fort ancrage européen, avec une forte identité franco-allemande et une présence affirmée en Suisse, et dont l’expertise et les ambitions sont de portée internationale. Le groupe est organisé autour de quatre grands métiers : la banque privée, la gestion d’actifs, la banque d’affaires et d’investissement, et les services de banque d’entreprise internationale, de négoce de métaux et de tenue d’actifs.

Nous comptons 3 200 collaborateurs, gérons 160 milliards d’euros d’actifs et avons réalisé 850 millions d’euros de revenus en 2024. Notre capital est détenu à 90 % par la famille Oddo, les associés et les équipes, ce qui garantit notre indépendance.

Quel est votre rôle aujourd’hui chez ODDO BHF et comment s’articule votre feuille de route sur la data et l’IA ?
Je suis membre du General Management Committee (équivalent du Comité exécutif en français) et j’ai en charge la transformation data et IA ainsi que le marketing. Ce double rôle est important, car il traduit notre ambition de centricité client : la data et l’IA ne sont pas des sujets techniques, elles sont directement au service de l’expérience client, qui passe aussi bien par notre efficacité individuelle, que par nos processus et notre innovation en termes de produits et services.

C’est la raison pour laquelle la transformation digitale ODDO BHF est portée au plus haut niveau, à la croisée des métiers, des équipes Data, de l’IT mais également des fonctions régaliennes. Elle est ainsi intégrée au cœur de notre stratégie d’entreprise, au plus près des équipes et des clients.

Initialement, cette transformation a été lancée autour de 2021, avec deux grands piliers : une équipe Digital & Data Solutions, qui porte notamment le CRM, le data lab, le data office et la stratégie AI/data platform, et une équipe IT Data, qui mène la construction des fondations technologiques. À cela s’ajoutent des équipes dédiées intégrées directement au sein des lignes métiers.

Aujourd’hui, nous avons une trentaine à une quarantaine de cas d’usage IA, dont environ deux-tiers déjà en production.

Comment votre approche de l’IA a-t-elle évolué ces dernières années ?
Comme beaucoup d’entreprises, nous avons commencé avec un portefeuille de cas d’usage largement constitué en logique de « bottom-up ». Depuis un an, nous sommes passés à la phase de maturité suivante : la data et l’IA ne sont plus seulement une liste de projets, elles servent des programmes de transformation métier ambitieux.

L’enjeu n’est pas seulement d’améliorer l’existant, mais de repenser nos métiers sur le long terme. Comment nous positionner demain sur une chaîne de valeur elle-même transformée par l’IA, y compris chez nos clients ? Cela nous amène à réinventer nos offres et notre manière de créer de la valeur.

Nous avons ainsi des programmes structurants sur le futur de l’activité de recherche en banque d’investissement, sur l’expérience client et banquier en banque privée, ou encore sur le processus d’investissement en asset management.

Quels sont les cas d’usage les plus concrets aujourd’hui ?
La capacité à offrir une expérience client premium est au cœur de plusieurs de nos cas d’usage.

Au niveau de nos équipes de conseil, le fait de s’appuyer un CRM propriétaire, utilisé par plus de 95 % de nos équipes commerciales – ce qui est loin d’être acquis dans nos métiers – est un atout. Nous y intégrons des fonctionnalités d’IA, comme la génération automatique de comptes rendus à partir de la voix, qui enrichissent en continu la qualité de la donnée client. À partir de cette base, nous pouvons ensuite proposer des recommandations de contact encore plus personnalisées.

Nous avons également développé des cas d’usage pour renforcer notre efficacité opérationnelle, comme un assistant pour répondre aux appels d’offres en asset management, ou des outils d’automatisation de processus back-office grâce à des IA agentiques, capables de traiter des chaînes complètes de bout en bout.

En ce qui concerne la recherche financière, nous avons développé un chatbot interne qui permet d’interroger facilement l’ensemble de nos analyses, au lieu de consulter des notes une par une. En marketing, l’IA nous aide à piloter l’impact de nos actions, créer des contenus plus personnalisés ou à rendre certains documents plus accessibles, via des formats plus pédagogiques.

Enfin, l’IA est un levier majeur en matière d’IT. Elle nous permet d’accélérer le design d’interfaces, l’assistance au code, la documentation, la qualité des données… Historiquement, les capacités de développement étaient un goulet d’étranglement dans les organisations financières. Aujourd’hui, nous pouvons livrer beaucoup plus vite de nouvelles applications ou de nouveaux parcours. C’est un accélérateur clé de notre transformation digitale.

Comment faites-vous pour embarquer les collaborateurs dans cette transformation ?
Le plus important pour nous est que le développement de l’intelligence artificielle s’inscrive dans le cadre d’un dialogue nourri et régulier avec les équipes et leurs représentants. Notre utilisation de l’IA est responsable et inclusive, elle s’adresse à tous.

Pour accompagner le passage à l’échelle, la formation est un levier indispensable. Nous voulons permettre à chacune et chacun de se saisir de ce nouveau champ des possibles. Cela passe d’abord par la mise à disposition de la technologie : après une phase de sécurisation de nos données, nous avons déployé Copilot à l’ensemble des collaborateurs du groupe. Quand plus de 3000 personnes ont accès à l’IA au quotidien, cela change profondément non seulement le quotidien, mais aussi l’ambition stratégique de l’entreprise, puisque chacun a les moyens de se projeter. Dans le même temps, nous avons mis en place une « AI Academy » qui propose des sessions de formation, de partage de cas d’usages et d’échange de bonnes pratiques à tous les collaborateurs. En parallèle, nous faisons travailler les équipes sur des outils parfois encore non déployés en interne, pour leur permettre d’imaginer les prochaines étapes. L’idée est d’avancer sur deux fronts : utiliser ce qui est déjà sécurisé, et préparer les usages de demain.

Nous avons également mis en place une plateforme agentique qui permet aux équipes de créer leurs propres assistants ou agents, dans un cadre sécurisé et gouverné. Nous ne croyons pas à un modèle centralisé où quelques experts produisent tout. Nous pensons que chacune et chacun pourra, demain, développer ses propres outils, à condition que cela reste maîtrisé, dans un cadre technologique et de gouvernance solide et partagé.

Cela suppose des fondations solides sur la donnée ?
Absolument. C’est un des piliers de notre transformation : la modernisation de notre plateforme technologique et la gouvernance de la donnée. Faire de l’IA à grande échelle est difficile si la donnée n’est pas de qualité, pas accessible ou mal gouvernée. Nous continuons donc d’investir donc dans un écosystème AI/data moderne qui permette de structurer, documenter et fiabiliser la donnée.

Mais il y a aussi un enjeu plus stratégique à cela : nos clients évoluent eux aussi. Ils utilisent de plus en plus d’outils automatisés et vont attendre des produits et services adaptés, pas seulement dans des formats pensés pour des humains. Nous devons donc être capables d’exposer notre savoir-faire sous des formes compatibles avec ces nouveaux usages et dans les environnement technologiques dont nos clients se seront dotés, puisqu’eux-aussi modernisent évidemment leurs plateformes.

Noémie Ellezam interviendra lors du débat inaugural « Services et modèles bancaires : perspectives 2030 » de la conférence IN BANQUE 2026 le 23 juin à Paris.

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